Dimanche 17 octobre 2021

29ème Dimanche du Temps ordinaire

Choses bonnes ou choses saintes ?

En quoi consiste le véritable service de Dieu ? À faire sa volonté. Cela veut dire qu’il ne suffit pas de faire des choses bonnes, mais qu’il faut faire celles qui sont de la volonté de Dieu. Aussi le livre de l’Imitation de Jésus-Christ dit : «Tout ce qui est bon n’est pas saint ; et tout ce qui peut être parfait n’est pas pour autant agréable à Dieu.» Il y a des person­nes qui, pour faire ce qui est de leur volonté, se contentent de faire des choses bonnes, choisissant celles qui leur plai­sent, sans se vouloir limiter à aucune en particulier ; mais le véritable service de Dieu est de faire le bien qu’il veut, tout ainsi que le bon serviteur n’est pas celui qui fait des choses bonnes, mais celui qui fait celles que son maître veut.

Si quelqu’un avait engagé un serviteur pour avoir soin de sa maison de la campagne, et que ce serviteur se tînt dans une salle à faire des ouvrages au tour, des enluminures, et puis les allât offrir à son maître disant qu’il a fait cela pour lui, le maître pourrait dire que toutes ces petites choses qu’il a faites ne valent pas seulement les gages qu’il lui donne. Nous faisons ainsi avec notre Seigneur : chacun s’adonne à ce qu’il lui plaît, pourvu qu’il n’y voie point de mal, et demeure content parce qu’il a tout offert le matin à Notre Seigneur ; voire, il se vante de ce qu’il ne fait rien que pour Dieu. Tout cela n’est pas son véritable service, mais de faire les choses qui sont de sa volonté et qu’il nous a mises en main.

Jean-Joseph Surin (1600-1665), Guide spirituel, I, 9

MÉDITER :

«Dieu seul est bon», nous dit Jésus. Dès lors, les choses ne sont bonnes que si elles sont selon l’ordre de Dieu. Un bon couteau dans la main d’un cuisinier cesse d’être bon dans la main d’un assassin. La vie chrétienne ignore les choses bonnes, et ne s’intéresse qu’à la volonté de Dieu, «laquelle est bonne, agréable et parfaite». (Ro 12, 2)

Nous confondons fréquemment un bon chrétien et un chrétien modèle, parce que trop souvent notre vie chrétienne est plus un programme, un idéal, qu’une relation vivante à quelqu’un. Il y manque l’intimité avec le Christ, qui peu à peu nous ouvrirait les yeux sur sa volonté ; il y manque de faire de l’oraison la priorité de nos journées.

L´Auteur :

Surin (Jean-Joseph, 1600-1665)

Né dans une famille de parlementaires de Bordeaux, Surin y sera élève des Jésuites, avant d’entrer à son tour dans la Compagnie. De tempérament anxieux, sa santé physique et mentale chancelle au contact des possédées de Loudun. Durant vingt ans, il sombre dans une déréliction presque totale, apparemment fou, avant qu’une foule d’âmes en quête de paix et de réconciliation ne se porte vers lui au soir de sa vie.