Mardi 20 novembre 2018

Vénérable Agnelo de Souza

missionnaire indien S.F.X. (✝ 1927)

Un peu de réalisme !

Où que tu sois, de quelque côté que tu regardes, tu es malheureux si tu ne te tournes pas vers Dieu. Mais considère les biens du ciel, et tu verras que tous les biens passagers ne sont rien, mais qu’ils sont plutôt incertains et fort pesants, car jamais on ne les possède sans souci ni crainte. Le bonheur de l’homme ne dépend pas de leur abondance, et il lui suffit d’en avoir modérément.

    Malheur, donc, à ceux qui ne sont pas conscients de leur misère et de la fragilité de la vie ! Ô cœurs insensés et infidèles, si profondément enfoncés dans les réalités terrestres, au point de ne rien goûter d’autre que ce qui est charnel ! Les malheureux sentiront douloureusement à la fin combien était vil, combien n’était rien, ce qu’ils auront aimé.

    Ne perds pas, mon frère, la confiance de progresser dans les réalités spirituelles : tu en as encore le temps et le moment en est venu ; pourquoi vouloir remettre à plus tard ton bon propos ? Lève-toi, commence tout de suite et dis : voilà le moment de m’y mettre, voilà le moment de combattre, voilà le bon moment pour me corriger.

    Qu’en sera-t-il de nous à la fin, si déjà nous sommes lâches si tôt le matin ? Malheur à nous si nous choisissons le repos, comme si déjà nous étions en paix et en assurance, alors qu’aucune trace de vraie sainteté n’apparaît encore dans notre comportement ?

Thomas a Kempis (1379-1471), Imitation de Jésus-Christ, I, 22

MÉDITER :

    Ne nous laissons pas impressionner par la tentation : l’exemple de Jésus et des saints nous montre que la tentation n’est pas péché. Alors, au lieu de nous décourager quand elle survient, prenons-en occasion pour renforcer notre attachement au Christ : d’un obstacle, faisons un tremplin.   Concrètement, la résistance à la tentation consiste d’abord à ne pas la rechercher, tout simplement !   

    Si par exemple j’ai la fâcheuse habitude de passer ma vie devant l’ordinateur, la prudence sera de ne pas l’allumer pour voir s’il y a quelque chose qui pourrait m’intéresser. Et si j’ai succombé, l’urgence est de passer à autre chose, et pour cela de m’investir entièrement dans la volonté de Dieu «en faisant très parfaitement l’action présente». Ce sera la meilleure façon de lui demander pardon, en même temps que d’éviter de retomber en tentation.

 

L'Auteur :

Thomas a Kempis (1379 ?-1471)

Né au nord de Cologne, Thomas passe son adolescence à Deventer, foyer de la "Dévotion moderne". Entré vers 1400 chez les chanoines réguliers du Mont-Sainte-Agnès, près de Zwolle (une des maisons de la très importante congrégation de Windesheim, dans la filiation de Ruusbroec), c'est comme maître des novices que Thomas y rédige des milliers de pages de méditation et de pédagogie intérieure.