Lundi 16 Juillet 2018

Vivre la tentation avec le Christ

Persuadons-nous bien que Dieu ne permettra jamais que nous soyons tentés au-dessus de nos forces, et qu’ainsi les tentations ne peuvent nous faire que le mal que nous voudrons.

D’ailleurs, elles produisent toujours de bons effets dans les âmes fidèles : elles les humilient, elles excitent leur vigilance, elles exercent leur patience et leur courage, elles entretiennent leur ferveur en les ramenant souvent à Dieu, et les rendent compatissantes aux infirmités du prochain.

On ne doit pas opposer toujours aux tentations une vive résistance, mais substituer le mépris à la force, si elles ne cèdent pas aux premiers coups. D’ailleurs, le mépris est le meilleur moyen de se défaire d’un ennemi orgueilleux, que rien ne blesse tant que le dédain : c’est un enfant pour ceux qui le méprisent, et un géant pour ceux qui le craignent. On voit dans la vie de saint Antoine et de plusieurs autres saints qu’ils mettaient en fuite des légions de démons par un rire moqueur et par une piquante raillerie.

Vous vaincrez plus aisément les tentations, aidé du secours de Dieu, en les combattant peu à peu avec patience et avec douceur, qu’en les repoussant avec trop d’empressement et de chagrin. Il est important de ne pas multiplier des réflexions qui ne peuvent qu’affliger sur des tentations assez affligeantes par elles-mêmes : saint Pierre marcha d’un pas ferme sur les abîmes de la mer tandis qu’il ne regarda que Jésus-Christ, mais il commença de s’enfoncer dès qu’il se détourna pour considérer les tourbillons de vent et les flots qui le soulevaient.

Ambroise de Lombez, Traité de la paix intérieure, « Maximes pour conserver la paix dans les tentations »

MÉDITER :

Les tentations peuvent être considérées comme des obstacles ou comme des tremplins. Puisque Dieu nous donnera toujours la force de les dépasser, considérons-les comme des tremplins, et elles nous permettront de grandir en humilité, en patience et en courage.

Dépasser la tentation, plus que la surmonter : le tentateur nous propose toujours une illusion de bonheur, là où la Parole de Dieu nous propose une certitude de bonheur. Il ne s’agit donc pas de renverser un obstacle, mais de passer à travers, de ne pas y prêter attention puisque nous savons que ce qui nous est proposé n’existe pas vraiment.

La meilleure manière de ne pas faire attention au tentateur, c’est de faire attention à Dieu : appliquons-nous à recevoir sa Parole et à la vivre, et le tentateur n’aura plus de prise sur nous : nous vérifierons alors que c’est un enfant pour ceux qui le méprisent, et un géant pour ceux qui le craignent.

Les tentations entrent toujours par la même porte : la paresse pour l’un, la colère pour l’autre, la jalousie, la curiosité… Pour faire de l’obstacle un tremplin, je vais affronter directement mon défaut principal : si je suis colérique, en programmant un geste de douceur envers un proche ; si je suis paresseux, un travail en retard à faire en priorité…

 

L'Auteur :

Lombez (de) (Ambroise, 1708-1778)

Né dans une noble famille du Gers, Jean de Lapeyrie entre à 16 ans chez les Capucins. Son intelligence, son érudition et sa vie intérieure le feront remarquer comme professeur et confesseur, à Saint-Sever (Landes), puis à Bagnères, Auch et Luz dans les Pyrénées. Supérieur avisé, il permettra aux capucins d’échapper aux suppressions de la plupart des congrégations à la fin de l’Ancien Régime.