Lundi 21 Août 2017

Saint Pie X, pape.

 

Que personne ne dise dans son fol orgueil : "Je n'ai point péché !" Parler ainsi, c'est être aveugle, c'est vouloir se tromper soi-même, c'est ne pas savoir comment le démon, comme un larron adroit, se glisse dans nos paroles, dans nos œuvres, entend par nos oreilles, voit par nos yeux, touche par nos mains et inspire nos pensées. Qui donc osera dire que son cœur est pur, et que ses sens ne l’ont pas égaré ? Oui, celui-là seul est sans péché qui est venu délier les péchés du monde, qui veut sauver tous les hommes et qui ne veut pas la mort du pécheur. Il aime l'homme, son cœur est un trésor de miséricorde. Il est bon, propice, tout-puissant, rédempteur du genre humain, le père des orphelins, le justicier des veuves, le Dieu de ceux qui font pénitence, le médecin des âmes et des corps, l'espérance des affligés, le port de ceux qui sont battus par la tempête, l'appui des infortunés que tous ont abandonnés, la voie de la vie enfin, et qui nous appelle tous à la pénitence, et qui ne rejette pas les pécheurs repentants. Réfugions-nous dans ses bras ; c'est en Lui que nous trouverons notre salut.

Saint Ephrem (306-373), Sur la Résurrection et le Jugement

"Que personne ne dise dans son fol orgueil : « Je n'ai point péché ! »" En effet, ce serait se priver du Christ, venu pour les pécheurs.

Le péché fait rarement de nous des criminels : c’est à petit feu que le démon anesthésie, en attendant de la tuer, notre conscience chrétienne ; il "se glisse dans nos paroles" malveillantes, médisantes, trompeuses... ; il "entend par nos oreilles" accueillantes à la médisance et au mensonge, il "voit par nos yeux" trop curieux ou indiscrets, il "inspire nos pensées" calculatrices, dominatrices...

Ne trichons pas plus longtemps pour sauver l’image que nous voudrions avoir de nous-même : Jésus n’a jamais honte de nous, il n’est Dieu que pour nous aimer ; et s’il nous voit pécheurs, ce n’est pas pour nous punir, mais pour nous soigner, pour nous sauver.

 

L'Auteur :

Éphrem (Saint, 306-373)

Né dans une famille chrétienne de Nisibe en 306, il subit dans sa jeunesse l’influence d’évêques saints, à la fois ascètes et cultivés. Il adopte cet idéal, et devient un maître réputé. Professeur et diacre, c’est à ce titre qu’il rédige sermons et hymnes. Conseiller des évêques, il reste attiré par la vie solitaire. Saint Ephrem est déclaré docteur de l'Église en 1920 par le pape Benoît XV.