Samedi 28 mars 2020

Recevoir la Parole de Dieu : Heureux ceux qui ont entendu la Parole avec un coeur bon et généreux, qui la gardent et portent du fruit par leur persévérance. (Lc 8, 15)

Lire avec son coeur

   Au terme de cette semaine qui nous aura permis de méditer sur la place de la Parole de Dieu dans nos vies chrétiennes, la liturgie d’aujourd’hui nous invite à recevoir cette Parole dans « un coeur bon et généreux », pour qu’elle y germe et porte du fruit.
   Si nous donnons à cette Parole la place qui doit être la sienne dans notre vie chrétienne,
   Vous pouvez être assuré que toutes les lumières que la grâce de Dieu donne sur les textes de la sainte Écriture ou sur d’autres livres inspirés, ne sont rien autre chose que de douces lettres échangées entre une âme aimante et Jésus aimé, ou, pour parler plus exactement, entre Jésus, le véritable amant des âmes, et les âmes qu’il aime.

Walter Hilton († 1396), Échelle de la perfection

   Profitons de ce carême pour mettre en place des lectures qui vont nous y aider, celles de maîtres de vie chrétienne tels qu’une sainte Thérèse d’Avila ou un Père de Foucault, dont l’Église garantit en les canonisant qu’ils appartiennent à la Révélation. Faisons nôtre la recommandation de saint François de Sales dans sa fameuse Introduction à la vie dévote :
   Lisez-en tous les jours un peu avec grande dévotion, comme si vous lisiez des lettres missives que les saints vous auraient envoyées du ciel, pour vous montrer le chemin et vous donner le courage d’y aller.

Saint François de Sales (1567-1622), Introduction à la vie dévote

   Ces lectures ne remplacent pas le temps que nous consacrons à la prière, mais pour beaucoup, elles en fourniront le cadre :
   La lecture est une demi-méditation, de même que la méditation peut être une demi-contemplation, et il y a même des lectures qui ne diffèrent en rien de la méditation, ou, pour mieux dire, il y a des personnes qui ne lisent qu’en méditant. Les Pères disent d’ordinaire que Dieu nous parle dans la lecture, et que nous lui parlons dans la prière. Il faut donc, afin que notre lecture devienne aussi prière, que ce ne soit pas seulement Dieu qui nous parle, mais que nous lui parlions aussi.

Jean Hamon (1618-1687), Traité de la prière continuelle

   Pour cela, choisissons un ouvrage spirituellement nourrissant, « un livre qui touche le coeur, plus qu’il n’amuse l’esprit », nous dirait l’Imitation de Jésus-Christ. Et lisons tranquillement, sans craindre de suspendre la lecture si le texte éveille en nous un certain recueillement, qui donne l’envie de rester là, tout simplement, avec le Seigneur, et surtout de faire sa volonté. Et peu à peu, notre attention se portera de moins en moins sur le livre et de plus en plus sur le Seigneur : la lecture spirituelle aura amorcé et alimenté la prière, elle nous aura fait entrer en oraison.

MÉDITER :

 

L'Auteur :

Hilton (Walter, † 1396)
   Après ses études à Cambridge, Walter Hilton mène une vie érémitique, puis entre au prieuré des augustins de Thurgarton
vers 1385.

François de Sales (Saint, 1567-1622)
   Noble savoyard, évêque de Genève en 1602 tout en résidant à Annecy, François de Sales réforme son diocèse dans l’esprit du Concile de Trente. En 1610, il fonde la Visitation avec Jeanne de Chantal.

Hamon (Jean, 1618-1687)
   Né à Cherbourg, Jean Hamon fut médecin avant de faire partie des « solitaires de Port-Royal », ces messieurs de la petite noblesse et de la grande bourgeoisie, retirés dans la Vallée de Chevreuse.