Lundi 20 janvier 2020

"Comme un enfant regarde sa mère"

   Reposez-vous au soin et à l'amour que la divine Providence a pour vous en tous vos besoins. Regardez-la comme un enfant regarde sa mère dont il serait tendrement aimé ; car vous devez humblement vous assurer que Dieu vous aime incomparablement davantage, et l'on ne saurait imaginer l'amour que cette souveraine Bonté a pour les âmes qui se donnent et s'abandonnent ainsi à sa merci, et qui n'ont point de plus grands souhaits que de faire tout ce qu'elles peuvent et pensent lui être agréable, lui laissant celui de tout ce qui les concerne, pour en faire maintenant et dans l'éternité selon son bon plaisir.

   En suite de quoi, tous les jours en votre prière du matin, vous confirmerez vos résolutions et unirez votre volonté à celle de Dieu par ces paroles : "Ô très sainte volonté de mon Dieu, j'unis dès maintenant et pour toujours ma volonté à la vôtre, particulièrement en tout ce que je ferai et en tout ce qu'il vous plaira de m'envoyer cette journée, consacrant de nouveau à votre souveraine gloire mon âme, mon esprit, mon corps et toutes mes actions, mes pensées, paroles, œuvres et tout mon être, vous suppliant de toute l'humilité de mon cœur d'accomplir en moi vos éternels desseins, sans me permettre que j'y donne aucun empêchement.

   Vos yeux qui pénètrent les plus intimes replis de mon cœur, voient que tout mon désir est d'accomplir cette sainte volonté, mais ils voient aussi ma faiblesse et mon impuissance ; c'est pourquoi je vous conjure, mon Sauveur, de m'octroyer la grâce de l'accomplir parfaitement, afin que, comme un feu de votre céleste amour, je luis sois un sacrifice agréable, qui sans fin vous loue et bénisse, avec la glorieuse Vierge et tous les saints. Amen."

Sainte Jeanne de Chantal, Lettre 16, à son frère, archevêque de Bourges

MÉDITER :

   La vie chrétienne est une relation personnelle et singulière avec Dieu, sainte Jeanne de Chantal nous apprend à cultiver cette relation : que notre confiance en lui soit celle d’un enfant, que notre souci soit de faire son bon plaisir. La foi est de déléguer notre volonté et nos actes à Dieu qui va les vivre en nous.

   Bien souvent, la volonté de Dieu nous paraît trop difficile, précisément parce que nous ne commençons pas par cette délégation ; et faute de cette délégation, nous pensons que faire la volonté de Dieu est au-dessus de nos forces, certes limitées, si bien que nous vivons une sorte de pénible négociation avec lui pour qu’il allège notre fardeau. En réalité, si nous n’avions d’autre souci que sa volonté à lui, la nôtre recevrait immédiatement la lumière et l’énergie nécessaires pour s’y ajuster, sans ressentir de peine. Cette aisance est celle des saints : leur force n’est pas supérieure à la nôtre, mais elle est à chaque instant celle que Dieu leur donne pour vivre ce qu’il leur demande.

   Chaque matin, demandons que la volonté de Dieu soit faite en nous : le seul fait de le demander sincèrement ajuste notre volonté à la sienne, et sans même que nous y réfléchissions, nous rend capable de la vivre. Et tout au long de la journée, remettons-nous dans cette volonté : n’est-ce pas tout simple ? Telle est la voie d’enfance et d’abandon, la petite voie des grands saints.

 

L'Auteur :

Jeanne de Chantal (Sainte, 1572-1641)

Fille du président du parlement de Dijon, veuve inconsolable du baron de Chantal à 29 ans, mère de quatre enfants, la rencontre de François de Sales bouleversera sa vie : dirigée par lui intérieurement et extérieurement, elle deviendra la pierre angulaire de la Visitation, dont elle fonde les 42 premiers monastères.