Mercredi 21 novembre 2018

Saint Dimitri de Rostov

Higoumène en Ukraine puis métropolite de Rostov (✝ 1709)

Ne pas attendre d’être un saint pour se convertir !

    Le piège que le démon me tendit en me faisant croire qu’étant aussi mauvaise que je l’étais, je ne pouvais sans témérité continuer à faire oraison, fut cause que je la quittais durant dix-huit mois, ou au moins durant un an, car je ne me souviens pas bien du temps, et cela seul aurait suffi pour me précipiter dans l’enfer sans que les démons s’en mêlassent.

    Cet ennemi mortel des hommes sait bien ce qu’il fait lorsqu’il s’efforce de nous pousser ainsi dans le précipice ! Il n’ignore pas, le traître qu’il est, qu’une âme qui continue dans l’oraison est perdue pour lui ! Quelle folie de fuir la lumière pour s’engager dans des ténèbres où l’on ne saurait marcher sans broncher à chaque pas ? Et quelle orgueilleuse humilité que celle dont le démon se servait pour me faire abandonner la colonne de l’oraison, dont l’appui aurait pu m’empêcher de faire de si grandes chutes ?

    Confions-nous en Dieu : sa bonté est beaucoup plus grande que notre malice ; notre repentir lui fait oublier notre ingratitude, et au lieu de nous châtier d’avoir abusé de ses grâces, elles le portent à nous pardonner. Que ceux qui se trouveront en cet état se souviennent de ce qu’il dit sur ce sujet dans l’Évangile, et de la manière dont il en a usé envers moi, qui me suis plutôt lassée de l’offenser, qu’il ne s’est lassé de me pardonner. Que s’il ne se lasse donc point de donner, et si la source de ses miséricordes est  inépuisable, ne serions-nous pas bien malheureux de nous lasser de recevoir ?

Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582), Autobiographie, XIX (trad. de 1670 par Arnauld d’Andilly)

MÉDITER :

Dieu est présent en nous, non pas mentalement, mais activement : il vit en nous, combat en nous, plus soucieux que nous-même de notre bonheur. Vouloir ce qu’il veut, c’est lui ouvrir la porte de notre âme, et dès lors vaincre d’avance tout ce qui s’oppose à ce bonheur. La force de la tentation tient tout entière dans nos doutes sur la bonté de Dieu : «Si la tentation vous presse de près, courrez promptement à cette bonté paternelle», et la tentation s’évanouira d’elle-même, car vous aurez retrouvé la confiance un instant ébranlée. On ne résiste pas à la tentation : on s’en détourne. Et pour s’en détourner, on se retourne vers Dieu.

 

L'Auteur :

Thérèse d’Avila (Sainte, 1515-1582)

Figure emblématique de la mystique du Siècle d’Or espagnol, Thérèse d’Avila commence en 1560 une réforme du Carmel, pour en retrouver l’idéal initial de solitude et d’austérité, à laquelle s’associera Jean de la Croix en 1567. Maîtresse de vie spirituelle, ses écrits en feront la première femme proclamée «Docteur de l’Église».