Mardi 19 mars 2019

Saint Joseph, époux de la Vierge Marie

Saint Joseph

Saint Joseph en carême

   La solennité de saint Joseph marque une pause dans la liturgie du carême, mais n’en offre pas moins le meilleur des exemples dans les trois domaines privilégiés de notre préparation à Pâques : la prière, le jeûne et le partage.
   Saint Joseph, homme de la prière et du recueillement :
   Saint Joseph, plus heureux que les autres hommes, s’unissait à Dieu par la Vierge ; en aimant son épouse, il aimait la Mère de son Dieu. Il ne voyait rien en elle qui ne lui inspirât la piété. Ses paroles l’élevaient à Dieu, ses regards sanctifiaient son coeur, sa modestie réglait toutes ses actions, et sa beauté, par un miracle perpétuel, ne faisait naître que des pensées chastes dans son esprit : la beauté de la Vierge, qui n’avait jamais eu de commerce avec le péché, étant heureusement mêlée avec la grâce, imprimait le respect, inspirait la pudeur, répandait je ne sais quelle influence de sainteté, excitait de chastes désirs, et purifiant les yeux de ceux qui la regardaient, ramenait à Dieu les pensées qu’on aurait pu arrêter sur elle.

Esprit Fléchier (1632-1710), Sermon du 19 mars 1682

   Saint Joseph, homme du jeûne, de la sobriété et de la discrétion :
   Quoiqu’il comptât des rois pour ses ancêtres, et qu’il descendît de ces souverains que Dieu lui-même avait mis sur le trône, il se vit sans chagrin dans une condition basse et cachée, et ne demanda point de sortir de la voie qui lui avait été marquée. Il fut, sans murmurer, tributaire de ceux dont, par le droit de sa naissance, il aurait pu prétendre d’être le maître. La pauvreté ne lui parut pas honteuse, quand c’était Dieu qui l’avait permise. Il était convenable qu’il portât la ressemblance d’un Dieu infirme et humilié, dont il devait être regardé comme le gouverneur et le père. Comme il devait servir à cacher le mystère de l’incarnation jusqu’au temps qu’il fallut le manifester au monde, il fallait qu’il fût caché dans l’obscurité de sa condition, et qu’il devînt lui-même comme un mystère de la Providence.

Ibidem

   Saint Joseph, homme du partage, homme de la charité fraternelle :
   Joseph travaillait beaucoup et gagnait peu. Il est absolument impossible de se le représenter comme un homme habile en affaires, ou comme se faisant valoir et surfaisant le prix de ses ouvrages ; encore moins comme un créancier rigoureux pressant ses débiteurs, les menaçant, les poursuivant, quand, insolvables ou non, ils ne s’acquittaient point envers lui. Que de fois il dut être victime et de sa conscience et de sa confiance et de sa compatissante bénignité ! Que de rabais exorbitants et injustes il dut subir sans se plaindre, et que souvent il abandonna tout à fait ses créances ! Au reste, quand il gagnait, ce n’était point pour amasser. Nul ne fut moins que lui ambitieux de fortune. Trop prudent pour ne jamais faire d’épargne, surtout après qu’il dut pourvoir au nécessaire de Jésus et de Marie, il était trop pauvre d’esprit, trop généreux, trop miséricordieux, pour ne pas donner aux autres pauvres ce qui, par hasard, se rencontrait chez lui de superflu.

Charles Gay (1815-1892),
Sermon pour la fête de saint Joseph

MÉDITER :

 

L'Auteur :

Fléchier (Esprit, 1632-1710)
   Né près d’Avignon, d’une famille pauvre, ses talents de poète et d’orateur en feront l’un des familiers de la cour de Louis XIV, avant de finir évêque de Nîmes.

Gay (Charles, 1815-1892)
   Figure exemplaire du retour à l’Église catholique des grandes familles bourgeoises après la Révolution française, Charles Gay sera évêque auxiliaire de Poitiers aux côtés du cardinal Pie.