Samedi 6 juin 2020

Bienheureux Innocent Guz

Prêtre franciscain martyr (✝ 1940)

Vraie et fausse lumière

   Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, dit le Seigneur. Telles sont les paroles de Jésus-Christ, par lesquelles il nous exhorte à imiter sa conduite et sa vie, si nous voulons être vraiment illuminés, et délivrés de tout aveuglement du cœur. Que toute notre application soit donc de méditer la vie de Jésus-Christ.

    Mais celui qui veut pleinement comprendre et goûter les paroles du Christ, doit s’appliquer à conformer toute sa vie à la sienne.

    Vanité des vanités, tout est vanité hormis aimer Dieu et le servir, lui seul ; et la plus haute sagesse est de tendre au royaume céleste par le mépris du monde. Oui, vanité que de chercher les richesses périssables et d’y mettre ses espoirs ; vanité que de viser les honneurs et de se faire valoir ; vanité que de suivre les désirs de la chair, et de désirer ce qui sera ensuite motif de grave punition ; vanité que de souhaiter vivre longtemps et de se préoccuper bien peu de vivre bien ; vanité que de ne s’inquiéter que de la vie présente, et de ne pas prévoir ce qui suivra ; vanité que d’aimer ce qui passe à toute vitesse, sans se dépêcher d’aller là où la joie sera éternelle. Oui, applique-toi à retirer ton cœur de l’amour des réalités visibles, et porte toi aux réalités invisibles.

Thomas a Kempis (1379 ?-1471), Imitation de Jésus-Christ, 1, 1

MÉDITER :

   Toute l’Imitation de Jésus-Christ est un commentaire à l’évangile : Jésus est la vraie lumière, et entre la lumière et les ténèbres, il nous faut choisir. Dans la nuit de Pâques, tenant à la main le cierge de notre baptême, nous redisons que nous choisissons la lumière.

    Jésus est lumière pour nos intelligences, par sa vie plus encore que par son enseignement. Être chrétien, avant d’être une adhésion à une doctrine, est suivre le Christ, et d’abord en mettant nos pas dans les siens, c’est-à-dire en l’imitant en toute circonstance.     

    À partir de là, le vrai et le faux s’éclairent dans nos existences : toute la suite de l’Imitation sera une lecture des choix qui s’offrent au jour le jour au disciple de Jésus, s’il veut marcher dans la lumière.

 

L'Auteur :

Thomas a Kempis (1379 ?-1471)

Né à Kempen (au nord de Cologne) en 1380, au moment où l’Europe du Nord traverse une grave crise religieuse qui aboutira au protestantisme, Thomas passe son adolescence à Deventer, chez les Frères de la Vie commune : autour de Gérard Groote et Florent Radewijns, il y a là un groupe de laïcs cherchant à retrouver leurs racines chrétiennes par l’étude de l’Écriture Sainte, des Pères de l’Église et des grands mystiques du Moyen-Âge, notamment de Ruusbroec l’Admirable († 1381), mais aussi par la pratique de la prière intérieure, plus que par celle de la liturgie. C’est ce que l’on appellera la «Dévotion moderne», d’où sortira aussi bien l’humanisme de leur disciple Érasme, que le système scolaire européen dont le modèle sera créé un siècle plus tard par les jésuites, ou encore l’oraison méthodique d’une sainte Thérèse d’Avila. Certains des Frères voulant mener une vie monastique, ils donneront naissance à la très importante congrégation des chanoines réguliers de Windesheim, suivant la règle de saint Augustin. C’est ainsi que Thomas entrera à l’abbaye du Mont-Sainte-Agnès, près de Zwolle, dont son frère était prieur. Comme maître des novices, il y rédigera jusqu’à sa mort en 1471 des milliers de pages de méditation et de formation spirituelle, dont l’Imitation de Jésus-Christ, l’un des livres les plus diffusés de l’histoire de l’humanité.