Vendredi 5 mars 2021

(abstinence de viande)

Confirmation

Le confirmé est un missionnaire

   Porteur de la lumière et de la force de Dieu, le confirmé devient pour ses frères le chemin que Jésus va emprunter pour les rejoindre. À travers le confirmé, c’est Dieu qui parle et qui agit, exactement comme Jésus, indissociablement Dieu et homme, révélait Dieu dans son humanité. Et c’est en cela que le confirmé est missionnaire, que cela prenne ou non la forme d’une annonce explicite de l’Évangile ou d’une responsabilité dans l’Église. Et c’est là que le même Esprit saint suscite des vocations multiples, la confirmation donnant à chacun la lumière et la force nécessaires pour les vivre :
   « L’eau que je donnerai à celui qui croit en moi, dit Jésus, sera en lui une source vive, jaillissant en vie éternelle. » Pourquoi compare-t-il le Saint-Esprit à une eau ? Parce que toute chose vient à la vie grâce à l’eau, et qu’une même pluie produit de multiples effets, comme une même source irrigue tout un jardin et qu’un même nuage arrose toute la terre, produisant la blancheur du lis, le rouge de la rose, la pourpre des violettes et de la jacinthe : ici, l’eau donne naissance à un palmier, là, elle fait pousser la vigne, et pourtant, c’est toujours la même eau qui s’accommode à ce qui la reçoit, et qui lui donne ce qui lui convient.
   De même le Saint-Esprit, unique et indivisible, donne comme il le veut à chacun la grâce qui lui convient ; et comme un bois desséché fécondé par l’eau se met à produire son fruit, de même l’âme du pécheur qui a reçu le don de l’Esprit saint, porte des fruits de justice : à l’un est donné de parler selon la sagesse de Dieu, un autre reçoit l’esprit de prophétie, un autre le pouvoir de chasser les démons, un autre devient capable d’interpréter la sainte Écriture, un autre de vivre dans la tempérance, un autre d’exercer la charité, un autre de consacrer sa vie à Dieu dans le jeûne et les austérités, un autre de subir le martyre. L’Esprit saint est différent en chacun, et pourtant toujours identique à lui-même.

Saint Cyrille de Jérusalem (315-386),
16 e catéchèse baptismale

   Un chrétien confirmé doit se poser ici la question de sa mission propre : tout baptisé, parce qu’il est membre du corps du Christ, est acteur dans l’Église. Cela peut prendre bien des formes, mais rester simple spectateur serait couper la « source d’eau vive, jaillissant en vie éternelle ». Comment savoir quelle est ma vocation ?
   Comment connaître si c’est le Saint-Esprit qui nous inspire quand nous nous sentons poussés à faire quelque chose ? En voici quelques marques. 1o Quand l’inspiration nous porte à quelque chose de bon et de conforme à notre état et à notre condition ; 2o quand l’inspiration est suivie d’une grande paix ; 3o quand elle est accompagnée de beaucoup d’humilité et de bas sentiments de nous-mêmes ; 4o quand elle nous vient dans les temps où nous sommes plus attentifs à Dieu, comme dans l’oraison et après les communions. Ce sont là des marques que l’inspiration est bonne.

Noël Courbon (1710),
Instructions familières sur l’oraison mentale

MÉDITER :

L'Auteur :

Cyrille de Jérusalem (Saint, 313-386)
   Évêque de Jérusalem, plusieurs fois exilé pour sa fidélité à la foi de Nicée sur la pleine divinité du Christ.

Courbon (Noël, † vers 1710)
   Curé de Saint-Cyr, près de Versailles, fut un grand pédagogue de la vie spirituelle, dans l’esprit de saint François de Sales.