Lundi 21 Mai 2018

Fête de Marie, Mère de l’Eglise

Qu’est-ce que l’Église ?

L’Église est l’expansion de Jésus, son gratuit et volontaire épanouissement dans le temps et dans l’espace ; c’est son apparition et son action continuées sur la terre. Elle est la vigne élue, la vigne chérie dont parle Isaïe (Is 5). Je suis la vigne, disait Jésus faisant allusion à celle-ci, et vous, mes appelés, mes fidèles, mes amis, mes membres, mon Église, vous êtes les rameaux. (Jn 15, 5) Les rameaux viennent du cep : ils prennent appui sur lui et vivent de sa sève ; si nombreux qu’ils puissent être et quels que soient leurs fruits, ils n’augmentent pas la sève du cep, mais ils en révèlent la vertu, et montrant ce que le cep a de fécondité, ils concourent à sa gloire.

L’Église sort du Christ, l’Église naît des labeurs du Christ, de ses angoisses, de sa Passion inénarrable, de son sacrifice enfin, où il est tout entier consumé par une mort sanglante et infamante. Telle est la date de sa naissance et la manière dont elle est enfantée.

L’Église est un avec Jésus. Elle est son aide en tout, mais d’abord pour lui donner des fils, lui en donner sur toutes les terres que le soleil éclaire, lui en donner à toutes les heures dont se compose le cours du temps. Grâce à Jésus, grâce à sa Passion dont la vertu est infinie, et qui est la condition première de tous les enfantements divins, la fécondité de l’Église est sans bornes : c’est dans toute la vérité et la grandeur du mot, une fécondité catholique.

Charles Gay (1815-1892), Fleurs de doctrine et de piété, XVIII

MÉDITER :

Le rapport du Christ et de l’Église est celui de la tête et des membres d’un même corps : une même vie les anime et un même destin les unit. Parce que l’Église est l’expansion de Jésus, être chrétien est une grâce ; nous ne construisons pas l’Église, ni même nous ne la formons : nous sommes appelés dans l’Église, et c’est elle qui nous forme et nous porte. Recevons-la, ne prétendons pas la fabriquer ou la porter.

Parce que tout homme est destiné au Christ, qu’il le sache ou qu’il l’ignore, l’Église est dans sa nature même catholique, c’est-à-dire universelle. Elle a vocation à intégrer l’humanité entière, même si l’accomplissement de cette vocation est retardé par le péché, et que même à la fin des temps, une part de cette humanité restera toujours hors de l’Église.

L’Église ne peut être elle-même qu’en allant à la rencontre de tous ceux que Dieu appelle en son sein, elle ne peut être elle-même qu’en étant missionnaire.

 

L'Auteur :

Gay (Charles, 1815-1892)

Figure exemplaire du retour à l'Église catholique des grandes familles bourgeoises après la Révolution française, Charles Gay sera évêque auxiliaire de Poitiers à côté du cardinal Pie. Très lié au renouveau de la vie consacré du XIXe siècle, ses conférences et ses lettres montrent un profond pédagogue de la vie intérieure.