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Lundi 4 janvier

de la férie

« Les nations marcheront vers ta lumière. »

 

L’efficacité des contemplatifs

et la prédication par laquelle ils convertissaient les âmes.
La qualité la plus nécessaire peut-être aux ouvriers du salut des âmes, qui est d'être parfaitement souple entre les mains de Dieu, se trouve excellemment dans les âmes élevées à l'union sacrée : ces âmes sont mobiles, prêtes à tout ce que Dieu veut, de quelque côté qu'il les veuille tourner, à la vie ou à la mort, à la gloire ou à l'infamie, à l'honneur ou à la risée de tout le monde, aux actions nobles ou viles, aux douces ou aux pénibles, aux aisées ou aux laborieuses, aux actions de sagesse ou de folie, de prudence ou de sottise selon le monde.
Unie à la Sagesse divine, l'âme puise continuellement à cette source vive la très haute et sublime Doctrine de l'Esprit. Elle a en elle Jésus-Christ, Soleil de la vraie Sagesse, et cette union la rend toute spirituelle, apte à discerner toutes choses. Elle est au-dessus de toutes les ténèbres de la sagesse et de la vanité mondaines ; elle est détachée de ses propres conceptions et libre de toute attache, de manière à ne prêcher point ce qu'elle veut et qui semble beau et juste à la lumière naturelle, mais la seule doctrine de Jésus-Christ, et de Jésus-Christ crucifié et ressuscité.

Séverin Rubéric (XVIIe S), La Voie d'Amour

Méditer :
Parce que Jésus attire, parce que l’humilité est le secret de cette attirance, le missionnaire est d’abord celui qui se laisse attirer par le Christ, transformer en lui, devenant à son tour attirant pour ses frères. Voilà pourquoi oraison et prédication ne faisaient qu’un dans la vie des apôtres.
Uni au Christ, transformé en lui, l’apôtre en revêt toutes les propriétés : il ne sait plus rien que ce que sait le Christ, ne prêche plus rien que la parole du Christ, ne se préoccupe plus de rien que de la volonté du Christ. Aucun effort en cela : « ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Gal. 2, 20), constatera l’Apôtre des apôtres.
Toute vie chrétienne est missionnaire ; en ce temps de l’Épiphanie, traditionnellement consacré à l’activité missionnaire de l’Église, ne nous méprenons pas sur l’essence de cette mission : elle est d’être Jésus-Christ, avant de parler de Jésus-Christ.
Décider :
Le temps de l’Épiphanie m’invite à mieux comprendre quelle est ma mission propre : là où Dieu m’a placé, c’est par l’union au Christ que je rayonnerai le Christ. Qu’est-ce qui, dans ma vie, fait écran à sa lumière et empêche mes frères de la recevoir ? Et je décide les ajustements nécessaires.
L'Auteur :

Rubéric (Séverin, XVIIe siècle) On ignore à peu près tout de ce religieux récollet (réforme franciscaine française de la fin du XVIe siècle), sinon que son ministère se déroula dans la province de Guyenne, alors plus protestante que catholique, et qu’il y fut apprécié comme prédicateur. Il nous reste de lui deux ouvrages spirituels, aujourd’hui presque introuvables, qui révèlent un grand mystique dans la ligne de saint Bonaventure.